Vinyle et sound-system, un amour fusionnel ? (2/2)

Alors qu’on vous comptait la genèse du lien d’amour indéfectible de notre cher objet vinyle aux sound-systems jamaïcains, poursuivons l’histoire pour s’intéresser aux sound-system techno…

AAAACid et Warehouse, voyage dans l’Angleterre des années 80.

C’est un autre courant musical qui va partir de la RustBelt des Etats-Unis : plus précisément de la ville de Détroit et qui va connaître un succès fou sur le Vieux Continent. L’acid house et la techno vont convertir la jeunesse des villes ouvrières du Nord de l’Angleterre auparavant acquise aux groupes mythiques de Rock.

A la fin des années 80, l’acid-house et l’ecstasy vont déferler dans les clubs de Manchester et des alentours (notamment au sien du mythique Haçienda) : les rythmiques répétitives de cette nouvelle musique vont faire un ravage. Le problème est que la loi anglaise oblige les clubs à fermer leurs portes à 2h du matin ce qui frustre tout ce public qui a encore envie de danser.

C’est de cette frustration que vont naître les premières rave-party organiséEs en mode after dans des entrepôts abandonnés à l’extérieur des villes. Laurent Garnier dans son livre Electrochoc nous raconte en détails toute cette période de liberté festive où les warehouse party faisaient hangars combles et où les premiers collectifs, les fameuses « tribus » commençaient à pointer le bout de leur nez.

Les tribus : les sound-systems à la sauce techno

A la fin des années 80 et au début des années 90, les collectifs technos commencent à émerger en se séparant du pôle rave qui à tendance à se commercialiser et rendre ses fêtes payantes et trop importantes, la free-party organisée par ces différentes tribus tend à retrouver l’esprit originel de la fête techno : à savoir une certaine temporalité permettant de sortir un instant du système capitaliste.

Le sound-system techno à la différence du soud-sytem dub reggae tend à comprendre tout le matériel sonore mais aussi tous les individus qui vont contribuer à organiser la free party, ce que l’on va justement appeler la tribu. Le sound-system n’est plus seulement composé de l’ingénieur son (ils sont souvent plusieurs et apprennent sur le tas nous indique le sociologue Lionel Pourteau), des Djs et du gérant de bar, mais le collectif s’étend aux amis qui aident à installer le système-son, à ceux qui s’occupent de réguler l’entrée de la fête, à ceux qui vont s’occuper de la communication de l’événement.

A l’instar du sound-system dub, le sound-system techno cultive l’attrait pour le vinyle dont le format est étroitement lié au développement de la techno (entendu au sens large) : la sélection et la capacité du sound-system à faire danser son public sont toujours des éléments majeurs de la fête techno. La dimension visuelle joue aussi désormais un rôle important avec une utilisation des lumières pour favoriser la pénétration dans le son.

De la multitude des sound-systems

Au fur et à mesure de l’évolution de la techno et de sa ramifications en sous-branches diverses et variées : on va avoir aussi une explosion de la forme des tribus qui vont se séparer progressivement les unes des autres au milieu des années 90 comme le raconte Laurent Garnier. Certaines vont néanmoins se retrouver à l’occasion de teknival où elles vont construire ensemble des gigantesques murs de sons pouvant faire entendre une puissance sonore inégalée.

Malgré l’arrivée meurtrière du format MP3 qui provoqua une chute de l’utilisation du vinyle parmi les Djs de techno au cours des années 2000, le format vinyle conserva une forte aura au sein des sound-systems, preuve en est de la quantité de vinyles produits au sein de la scène hardtek dans ces années-là mais aussi de l’utilisation des vinyles au sein des nouveaux collectifs re-naissant ces dernières années un peu partout en France.

Long Live The Sound-Systems, Long Live the Vinyl !

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